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Il y a des projets qui naissent dans un garage. Celui-là est né dans un café.


L’origine : un ami, un café, des manettes

Tout commence avec un ami qui organise des soirées rétro gaming dans un café associatif local. Des consoles d’époque, un écran CRT, quelques passionnés — et une ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Quand j’ai appris ça, j’y suis allé. Presque tous les soirs où il en organisait une. D’abord juste pour jouer, puis rapidement pour donner un coup de main. Installer les machines, ranger après, rester le temps qu’il faut. Parce que quand on est passionné, on ne compte pas les heures.

Et puis un jour, pour des raisons personnelles et par manque de temps, il prend la décision d’arrêter.

Ce soir-là, il y avait comme un vide.


Le passage de flambeau

On aurait pu laisser les soirées mourir en silence. Ça arrive souvent — un projet porté par une seule personne, qui s’éteint quand elle s’en va.

Mais on était quelques-uns à ne pas vouloir laisser mourir l’un des seuls rendez-vous mensuels qui nous faisait sortir de notre grotte de geeks. Alors on a demandé l’autorisation de reprendre le flambeau. Et à quatre, on a monté Metapixl.


Le premier festival

Notre premier événement : un petit festival rétro gaming et arcade. Consoles emblématiques, grands classiques en libre accès, entrée gratuite, buvette toute la journée.

On invite quelques exposants locaux : créateurs, tatouage, piercing, jeux de rôle… Une petite équipe se monte, de nouveaux bénévoles se greffent au projet, et c’est parti.

Ce qui nous a frappé, c’est l’énergie. Les gens qui s’arrêtent devant une Neo Geo et sourient en reconnaissant un titre. Les gamins qui découvrent un joystick arcade pour la première fois. Les parents qui jouent avec leurs enfants à des jeux qu’ils n’ont pas touchés depuis 30 ans.

C’est pour ça qu’on fait ça.


Construire un modèle

Pour qu’une asso survive, il faut être viable. On a donc construit un catalogue de prestations : on vient dans d’autres festivals, on s’occupe de tout — installation, animation, rangement.

Ça nous a permis de participer à des fêtes de village, des festivals du jeu, des événements associatifs… Et l’un d’eux a été particulier.

On nous commande une prestation sur mesure : un atelier pédagogique pour des élèves de CM1 et CM2 autour du numérique. Et là, un ami de l’équipe imagine quelque chose de beau : une discussion ouverte sur les nouvelles technologies, la consommation des ressources, le gaspillage, l’obsolescence programmée.

Ce n’est pas que du jeu. C’est l’essence même de l’association.

On répare de vieilles consoles. On remonte de vieux ordinateurs destinés à la déchetterie. On les booste pour quelques LAN à l’ancienne. Et on imagine un escape game sous Linux pour apprendre à utiliser le terminal — parce que dans les années 80/90, sur un vieux TO7, on passait par le terminal pour lancer l’appli de maths pendant que le prof configurait le réseau pendant 30 minutes. On avait le temps.

Le projet est open source : linux_escape_game


Old School Gaming Day #2

Notre second festival, on le fait grandir.

Cette fois on invite des acteurs locaux à prendre le micro. On parle des projets qui naissent et vivent dans notre campagne. On est un peu chauvins — et fiers d’être à la montagne — mais c’est difficile entre geeks de se rencontrer en dehors du réseau virtuel. C’est de bouche à oreille que l’Old School Gaming Day #2 se construit, et ça marche.

Le catalogue de machines s’élargit. Du TO7 (oui, le même qu’on avait à l’école) et de l’Atari jusqu’à la PS4, la Xbox One, et des PC sous Linux avec en test : Assetto Corsa Rally en simulateur. Encore expérimental, mais clairement prometteur.

On est motivés comme jamais.


Le café libre

On voulait construire une vraie communauté, pas juste des événements ponctuels.

Alors on a créé un rendez-vous trimestriel : le café libre. On paye le café, on pose des Raspberry Pi sur les tables, et on parle logiciel libre. Linux, par extension. Et par phénomène d’actualité : la reconversion depuis Windows 10 vers une distribution simple et user-friendly pour le quotidien.

On apprend ensemble. Sans rythme imposé, sans niveau requis. Chacun vient avec ses questions, ses lacunes, ses curiosités. L’ambiance est celle d’un atelier entre amis — pas d’une salle de classe.


Numérique et réinsertion

On a aussi eu la chance de participer à 3 journées de formation pour des personnes en situation de réinsertion professionnelle. On leur a proposé quelque chose de concret : remettre en état des ordinateurs sous Linux — installation, configuration, prise en main.

Et surtout : sensibilisation à l’hygiène numérique. Pas question de nettoyage de clavier — on parle d’utiliser des logiciels open source et respectueux de l’utilisateur. Du monde du logiciel libre et de sa philosophie.

Chaque personne est repartie avec un PC qui partait à la poubelle. Remis à neuf, à jour, sécurisé et fonctionnel. Un outil pour naviguer, communiquer, travailler. Et quelques idées neuves sur comment le numérique peut être au service des gens — pas l’inverse.

C’était vraiment chouette.


Et la suite ?

On rêve d’un atelier de remise en état et de modding de consoles rétro. Mais Marty… non de Zeus, c’est dans le futur.


Ce qu’on a construit, vraiment

Du matériel qu’on nous donne, auquel on redonne une deuxième vie. Des bénévoles engagés à fond. Des tournois où on s’amuse comme dans le temps, chez un pote — on se passe la manette, on est geeks, mais on passe du temps ensemble.

C’est ça qui manque de nos jours. Passer du temps ensemble. Avoir un véritable moment de partage.

Nos valeurs humaines : partage, rencontre, respect.
Nos valeurs matérielles : recyclage, découverte, responsabilité.

Metapixl, c’est une aventure qu’on vit pleinement. Et on est loin d’avoir appuyé sur pause.

Metapixl

Author

Durondil

Publish Date

03 - 04 - 2026